
Née dans la Cité des Princes en 1958, Bernadette Françoise passe son enfance dans la ferme familiale en pleine campagne du Vaucluse. En contact étroit avec la nature, elle observe le plongeon des saules pleureurs, le saut des carpes, les parades des libellules (…) et s’enivre des variations chromatiques infinies des cycles de la nature.
Contemplative, elle révèle très tôt un caractère indépendant, solitaire, aimant bricoler, coudre, coller, fabriquer de ses mains, et prendre tout son temps pour apprendre et découvrir ce qui l’entoure. Sa rétine est déjà exercée à voir le beau & la poésie dans chaque plante, chaque graine, chaque écorce, chaque feuille racornie par la pluie.
Paradoxalement, même si la capitale métropolitaine l’attire pour toute sa richesse culturelle et artistique, c’est à Avignon qu’elle suivra deux années aux beaux Arts, qui aiguiseront encore son regard artistique, et plus particulièrement son attirance pour l’art du collage sous toutes ses formes.
Par la suite, elle se forme à la couture et aura une expérience significative dans la réalisation de vêtements dont on retrouvera une forte imprégnation dans sa façon de créer ses oeuvres végétales.
En 1990 elle emménage avec enfants et conjoint à la Réunion dans une caze créole qu'elle décorera entièrement de ses mains, tâtonnant sur diverses techniques de terre-papier, de sculpture à base de graines & de fibres végétales glanées sur les chemins de promenade et randonnées, de teintures et ocres végétales, qui marqueront les prémices de son travail de sculpture végétale.
Sans cesse en quête de nouvelles techniques, elle s'inspire de l'Afrique voisine et de Madagascar, et propose alors des têtes modelées à la Ousmane Saw.
Elle rencontre début 2019 la designer Brigitte Ponchel Decaudin, sa voisine, qui lui lance l'idée d'une exposition autour des femmes des Mascareignes au sein de l'écrin du Mascarin, Jardin Botanique de la Réunion et qui lui propose d'organiser la scénographie de l'espace d'exposition. Son travail s'étoffe alors d'une série de sculptures qui prennent davantage de hauteur. En 2025, ce même duo se lance le challenge de renouveler la présence de Bernadette et son Land'Art de poche à l'ancien domaine de Chateauvieux, dans une féerie de récupération végétale, au caractère si poétique qu'elle soufflera son nom à l'exposition : "Poésie Végétale". Une seconde exposition encore plus aboutie que la précédente, et qui ne laissera personne indifférent.
